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Debut...

L'AFFAIRE ADELAÏDE BERLMART :


Chapitre 1 : Voyage en Train


Les fleurs. La famille Artimond a bâti toute son immense fortune sur les fleurs. Depuis trois générations, depuis Aristide Artimond fondateur de la toute première boutique de fleuriste Artimond, au lendemain de la première guerre mondiale (où l'aïeul a combattu durant plusieurs années). Un moment clé du développement des fleuristes la première guerre mondiale, les tombes fleurissant autant que les bombes... Depuis ce lundi de février 1918 donc, où Aristide fît l'acquisition d'un magasin dans la rue centrale du petit village de St Beaumont ainsi que d'un terrain sur les hauteurs environnantes afin de bâtir les serres nécessaires à la culture qu'il entreprenait, le destin semblait accompagner l'entreprise Artimond dans son incroyable réussite commerciale. Depuis trois générations, où l'aîné de chaque fratries successives avait repris l'affaire familiale lui donnant une ampleur grandissante à mesure que les années passaient, le destin c'était occupé de tout, comme en 1972 quand la société Artimond fût menacé de rachat par le groupe Berlmart, où il intervint en leur faveur, en permettant à Lucie Artimond et Bernard Berlmart sans doute poussés par des sentiments amoureux incommensurables, de ce marier faisant ainsi des deux entreprises une seule, maintenant connue sous l'appellation « Berlmond Fleurs ». Le destin offrait un crédit sans fond aux Artimonds. Hélas pour eux, il semblerait que ce chenapan ait soudainement souhaité recouvrer son dû. Adélaïde Berlmart, seule et unique fille (entourée de deux garçons) de Lucie et Bernard Berlmart avait été retrouvée assassinée dans sa chambre.

Tout cela, Ernest le savait très bien. C'est lui qui avait rédigé le dossier qui contenait toutes ces informations. Il courait maintenant sur le quai de la gare, au milieu des voyageurs (pressés comme tout voyageurs qui ce respecte). Il devait l'apporter a son patron, le grand détective privé Henri Martin, l'un des tout meilleur en France, avant que celui-ci ne s'engage dans le wagon qui devait le conduire au château de Badinfort, demeure traditionnelle de la famille Arimond, maintenant demeure du couple Berlmart et de leurs enfants. Henri Martin avait était appelé par monsieur Berlmart en personne le lendemain du recouvrement du crédit accordé par le destin. Monsieur Berlmart ne faisait pas confiance dans la police pour éclaircir cette sombre histoire et préférait confier cette tâche difficile à un détective privé qui selon lui serait mieux a même de conduire cette entreprise puisque motivé par son salaire, au contraire de ces fonctionnaires incompétents. Monsieur Berlmart était un libéral confirmé, et le patron ne mélangeait jamais politique et travail. Ernest arriva à sa hauteur, complètement essoufflé :
-Tenez patron, le dossier de la petite Berlmart. Henri Martin prit le dossier et le considéra d'un ½il distrait. De toute façon pensa-t-il les gens parlent bien assez d'eux même, surtout quand ils ont perdu un proche. Il imaginait déjà les gémissements insupportables de madame Berlmart qui le supplierait de retrouver l'assassin de sa fille.
-Patron, reprit Ernest le souffle court, à l'intérieur, j'ai mis l'arbre généalogique de la famille, mais vous verrez, c'est compliqué, débita-t-il entre deux respirations
-Vous m'expliquerez ça pendant le voyage, répondit l'inspecteur, en joignant le geste a la parole. Il poussa Ernest à l'intérieur du train.
-Mais je ne peux pas venir s'inquiéta Ernest, surpris.
-Quand on veut, on peut, répondit autoritairement Martin, j'ais besoins de vous.
-De moi ? Ernest crû une seconde que c'était la plus belle chose qu'on ne lui avait jamais dite. L'inspecteur avait besoins de lui ! Malheureusement pour lui, la seconde suivante fût marquée par la réponse de l'inspecteur :
-Oui Ernest, de vous, pour porter mes bagages entre autre... et ça commence maintenant lui précisa-t-il en lui tendant une première valise.
Ernest précéda l'inspecteur dans le couloir du train. Ce même train, ou tu du moins cette même ligne, où, trente ans plus tôt Mr Berlmart avait fait une étrange rencontre. Mais cela, évidemment aucun des deux acolytes ne pouvaient ce l'imaginer. Une fois installés dans un compartiment (non sans peine, l'embonpoint de l'inspecteur ne rendant pas la circulation dans le couloir rempli de passagers très aisée... Ernest ce serait bien gardé de tout commentaire) et après avoir installé leurs bagages dans les petites étagères pas très pratiques situées juste au-dessus de leur tête, les deux hommes s'étaient assis. C'est Ernest qui brisa le silence que ponctuait seulement la respiration du diesel du train, qui avait quitté la gare depuis quelques minutes déjà :
-Sombre histoire quand même, hein ? Ernest n'aimait pas trop les meurtres tortueux comme celui-ci. Une jeune fille calme et sans histoire retrouvée dans sa propre chambre fermée à double tour lacérée de coups de couteau, pour son esprit faible mais cartésien, c'était trop. Il aurait préféré une bonne petite filature d'un mari volage, ou, à la rigueur, un vol de bijoux chez une grand-mère. C'est rapide (on retrouve les bijoux sous le canapé), pas dangereux (les maris volages, c'est rarement armé, au contraire des meurtriers), et le plus souvent c'est calme. Cette affaire elle, semblait ce trouver a l'exact opposé de ce genre d'histoire.
-En effet, répondit l'inspecteur, blasé et assez dubitatif. Pour lui, la plupart des évènements en apparence complexes sont en réalité d'une réelle simplicité si l'on sait adopter leur propre logique. Tout n'est donc qu'affaire de point de vue pour l'inspecteur privé Henri Martin. L'un des plus brillant en France. La conversation s'arrêta là. Manifestement l'inspecteur ne jugeait pas utile de la poursuivre, et Ernest ne voyait pas ce qui en ce moment aurait pu l'intéresser au point qu'il lui accorde ne serait-ce qu'un semblant d'attention. L'inspecteur faisait parti de ce genre de personnes un peu tortues : une fois quelles sont renfermées dans leur carapace, il est très difficile de trouver une faille pour les en sortir. Il préféra donc se laisser aller à la contemplation béate du paysage. Peut-être qu'il y trouvera un attrait suffisant pour passer le temps, après tout. C'est très intéressant de remarquer comment les gouttes de pluies sur une vitre de train forment des sortes d'échelles de pompier. Ernest en choisie une au hasard, qui partait du coin en bas a droite de la glace et la suivie du regard jusqu'à qu'elle atteigne l'objectif qu'il lui avait fixé, c'est a dire l'autocollant « tirez fort » juste en dessous de la poigné de la fenêtre. Il ne pu s'empêcher d'être assez fier de lui quand il remarqua que ses gouttes étaient arrivées à destination bien plus rapidement que les autres. Dommage qu'il n'ait pas parié sur elles, il y aurai gagné certainement beaucoup. Soudain, l'inspecteur pris la parole :
-Ernest, demanda-t-il, en ce moment, c'est la saison de quoi ?
-Bin, c'est le printemps, répondit Ernest surpris.
-Je sais que c'est le printemps bougre d'âne, je vous demande c'est la saison de quel type de fleur en ce moment ??
-Heu... jonquille je pense... quand j'étais petit on allait toujours cueillir les jonquilles au début du printemps. C'était chiant, je me souviens, c'était toujours boueux et humide dans les bois. Vous avez déjà était ramasser les jonquilles avec l'école vous ?
-Peut-être... Je ne sais pas... Quelle importance, ce demanda l'inspecteur ? Il s'en foutait comme de sa première enquête : en sixième, quand le magnéto du collège avait été volé, c'est lui qui avait retrouvé le coupable. En fait il ne s'en foutait pas du tout de cette enquête qui a l'époque, l'avait passionnée, mais c'était une expression à lui, ça impressionnait trouvait-il. Toujours est-il que ça le turlupinait de ne pas savoir si oui ou non il avait cueilli des jonquilles avec l'école étant petit. Comment font les gens pour ce souvenir de trucs pareil, alors qu'il a déjà du mal a savoir si le matin quand il prend sa douche, il a pensé a faire chauffer son café cinq minute avant ou non ? Enfin la question n'est pas la, finit-il par dire déstabilisé, c'est juste que comme on va chez un fleuriste...
-C'est pas vraiment un fleuriste corrigea Ernest, c'est plus un industriel ou quelque chose dans le genre, un homme d'affaire, un entrepreneur quoi...

# Posté le samedi 30 décembre 2006 13:52

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