suite... Enfin !!

-Je crois que voilà notre invité, affirma Mr Berlmart.
-Votre invité ? Vous attendiez du monde, interrogea l'inspecteur ?
-Oui, enfin, ce n'est pas vraiment un invité, c'est mon plus proche collaborateur, il vient manger tous les soirs à la maison.
L'inspecteur opina du chef en signe de compréhension. Ils partirent donc tous deux en direction du château. La voiture se garait déjà devant le perron. Un jeune homme d'une trentaine d'année en sorti, l'air assez sportif. Mr Berlmart pressa le pas pour aller l'accueillir :
-Van Buick ! L'appela t-il, venez que je vous présente l'inspecteur Henri Martin.
Van Buick arriva à grand pas :
-Bonjour inspecteur, lança t-il d'un ton enjoué tout en lui serrant la main d'une façon un peu viril, ravi de vous rencontrez, on parle de vous dans les plus hautes sphères, vous savez ?
-Détective, précisa Henri martin qui commençait à en avoir marre d'être traité de fonctionnaire.
-Si vous voulez, dit Van Buick en rigolant. Alors que pensez vous de l'affaire ? Troublante non ?
Il parlait comme un commercial. Il aurait évoqué le cour de la tulipe des champs à Tokyo qu'il ne s'y serait pas pris autrement pensa le détective.
-Je n'ai pas encore trop eu le temps de beaucoup réfléchir, je suis arrivé il y a seulement deux heures.
-Ah ! Très bien, répondit Van Buick avec l'air de ne même pas avoir écouté la réponse. Il se précipitait déjà à son coffre de voiture, d'où il descendit une gerbe de fleurs. Il s'adressa alors à Mr Berlmart :
-C'est la nouvelle composition qu'on a créé pour le quatorze juillet, elle est entièrement en fleurs synthétiques, mélange plastique et autres fibres. Sentez Bernard, sentez ! Nos recherches commencent à aboutir !
-Effectivement, Van Buick, ça devient intéressant. Il précisa à l'intention du détective « Van Buick, en plus d'être mon bras droit, développe des fleurs non naturelles susceptibles de dégager, à terme, un parfum semblables aux fleurs naturelles, ce qui est évidement très intéressant pour nous ». Mais, bien qu'intéressé, le détective n'a pas écouté l'intégralité du récit, car, son ½il affûté s'il en est fût attiré par un mouvement au dessus de lui. Plus précisément un mouvement de rideau à une fenêtre de l'aile réservée au grand-père. Comme si quelqu'un qui les épiaient avait soudainement quitté son poste par peur d'être repéré. Et si il y avait bien une chose que détestait Henri Martin, c'était se sentir observé.
-Bon, fit Bernard, sentant qu'il ne captivait pas vraiment son auditoire, si nous allions manger ??
-Très bonne idée Bernard s'empressa de répondre Van Buick, la journée a été éprouvante, à table !
Ils gravirent donc tous les trois le perron afin de rentrer dans le château. Van Buick, qui avait pris les devants, failli percuter Ernest en passant le seuil de la porte :
-Oh, excusez moi, dit Ernest, vous n'auriez pas vue Mr Martin ?
-Je suis là Ernest répondit le détective, qui arrivait au même moment, que ce passe t-il ?
-Eh bien, je venais vous chercher, Mme Berlmart ma prévenue que nous allions passer à table.
-Eh bien, j'arrive ! Vous voyez bien ! Mr Van Buick, laissait moi vous présenter mon collègue, Ernest.
-Enchanté Mr Ernest répondit courtoisement le vendeur.
Le détective ne pus s'empêcher de penser que ce Van Buick devait être un sacré atout pour une entreprise comme celle des Berlmarts. Il aurait pu vendre n'importe quoi à n'importe qui.
La petite troupe pénétra dans la demeure, et se laissa conduire jusqu'à une grande salle à manger, où une table trônait, entourée de ses hautes chaises. Mr Berlmart s'assis au bout, et sa femme à sa droite. Mr Van Buick se mit à la gauche de son patron alors que Gonzague de Hautefrance s'assis coude à coude avec Lucie. Le détective se mit en face de lui, et Ernest à sa droite. Il restait un couvert de libre.
Un jeune homme surgit alors de dans la pièce. Il arborait des vêtements savamants débraillés. C'est Mr Berlmart qui le présenta :
-Ah, messieurs, voici notre dernier fils, Luc.
Le détective se retourna et le salua d'un petit geste de la tête que lui rendis Luc tout en s'asseyant à sa place.
-Ton concert c'est bien passé, reprit Mr Berlmart en s'adressant à son fils ?
-Ca t'intéresse maintenant, s'étonna le jeune homme ?
Mr Berlmart déglutit, et essaya de se montrer calme. Luc quand à lui, avait déjà enlevé la serviette de son assiette et grignotait un morceau de pain. C'est Van Buick qui se pencha vers Henri Martin :
-Luc était très attaché à sa s½ur, il ne vit pas très bien ce drame, lui confia t-il.
Comme à son habitude, le détective se contenta de hocher la tête.
A ce moment là, une serveuse s'approcha de monsieur Berlmart. Elle était vêtu d'un tablier de cuisine, et semblai assez âgée. Le détective remarqua sa façon étrange de se déplacer, par des petits pas très rapide, elle se penchait à l'oreille du maître de maison et gesticulait par des gestes saccadés. Un automate, ou un robot, pensa le détective. Elle et le majordome entamèrent alors une valse des plats très bien réglée.

Saumon fumé et son accompagnement

-Les affaires marchent bien en se moment, questionna le détective ?
-Assez, oui, nous préparons activement le premier mai, répondit Van Buick, tout en portant son verre de vin à sa bouche. Il le faisait tourner d'un mouvement du poignet, afin d'en apprécier la couleur pourpre à travers la lumière des bougies disposées sur la table.
-En quoi consiste, exactement votre travail ?
-Comme l'a dit Bernard, je suis son bras droit, mais je suis surtout, enfin je pense, un ami. Cela fait trois ans que nous travaillons ensemble.
-Au moment du début des fleurs plastiques, c'est ça ?
-Exactement ! Bernard vous a déjà raconté ça, s'étonna Van Buick ? J'ai d'abord était chargé de cette section, puis, je suis passé directeur exécutif du groupe. Bernard a eu envi de ce retirer un peu dernièrement.
-Ca doit être un travail très prenant ?
-Nous travaillons effectivement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un peu comme vous, à ce que je vois, répondit Van Buick avec un regard malicieux.
-Oui, je me renseigne un peu par-ci par-là. L'inspecteur n'aimait pas trop cette manière de lire dans son jeu. C'est-à-dire qu'il faut que j'apprenne en peu de temps, toute l'histoire d'une famille si je veux tirer tous ça au claire. Ce n'est pas facile, précisa l'inspecteur entre deux bouchées de saumon. Il préféra en revenir à Van Buick. Après tout, c'était lui le détective. Dans votre gestion du groupe, reprit-il, j'ai cru comprendre que vous vous occupiez aussi des recherches ?
-Oui tout à fait, confirma le directeur. Vous voyez, repris Van Buick, nous sommes une entreprise assez modeste, et nous n'avons pas énormément de personnel. Et puis, j'adore ce travail, il me fait énormément voyager. Quand je m'occupais des plastiques, je suis parti très souvent à l'étranger, pour chercher des parfums, pour les étudier, les reproduirent. Certaines plantes tropicales sont vraiment étonnantes, et comme elles ne peuvent pousser dans nos régions que sous serres, nous nous contentons d'en produire des factices en plastique, pour économiser de la place. Les fleurs artificielles sont bien plus rentables pour nous, et progressivement, elles prennent une place tout à fait considérable dans nos affaires.
L'inspecteur secoua la tête d'un air d'approbation. Le robot et son compagnon ramassèrent les couverts.

Filet mignon dans une sauce blanche

Le détective profita de l'occasion pour s'intéresser à Luc. Le jeune homme était en train de faire des boulettes avec la mie de son pain.
-Et toi, tu as quel âge ?
-17 ans.
-T'es encore à l'école ?
-Oui
-Quelle classe ?
-Terminale, répondit Luc avec une lassitude évidente.
-Aha ! Fit l'inspecteur, l'année du bac !
-Je sais oui. Luc soupira. Je veux faire de la musique, mais mes parents ne sont pas très chauds.
-De la musique ? Tu ne veux pas continuer l'entreprise de ton père ?
Le détective, et ce, malgré le désintérêt certain que lui portait cet enfant, appréciait cette envie utopique. Elle lui rappelait ses rêves de justice, quand il était un jeune étudiant en droit.
-Quelqu'un d'autre s'en chargera, répondit Luc, en tournant la tête. Quelqu'un de riche, tres riche, qui fait dans l'immobilier, qui sait faire des affaires, il y en a qui peuvent payer.
Henri Martin trouva cette phrase assez saugrenu.
-Oui, dit-il en s'adressant à son patron, je vous l'avais indiqué, dans le dossier.
-Ah, oui ! Exact, répondit le détective en souriant. En réalité, il ne se souvenait absolument pas de l'avoir vue. Peut-être était-ce parce qu'il n'avait pas lu le dossier ?
Le filet mignon était délicieusement bon, il fondait dans la bouche. La cuisinière, à défaut d'être un robot, savait y faire.
Ernest, continua la conversation avec Luc. L'inspecteur fut surpris de voir qu'Ernest, sous des airs crétins, pouvait intéresser un jeune :
-Et, tu as déjà un groupe de musique ou tu joues seul ?
-Oui, on a fait un groupe avec des potes. On fait surtout du rock. Moi je chante et je joue de la guitare.
-Vous faites vos propres chansons ?
-Ouais, on a quelques compos, mais on reprend pas mal de groupes qu'on aime bien.
-Mmh, fit Ernest, en fin connaisseur. C'est un bon début. Vous avez déjà joué devant un public ?
-Cette aprem' on a joué en ville, dans un bar. Il n'y avait pas grand monde, mais les gens ont aimé. Enfin, je crois.
L'inspecteur n'en croyait pas ses yeux. Luc qui avait l'air si désabusé, c'était redressé et parlait maintenant avec Ernest. Ses yeux brillaient quand il évoquait sa passion. Il se demanda quelques secondes si la question qu'il souhaitait poser n'allait pas un peu gâcher l'ensemble. Mais, son esprit jugea qu'il faudrait de toute lui en parler un jour ou l'autre.
-Et ta s½ur, commença t-il lentement, pour ce laisser le temps d'apprécier la réaction du garçon. Ses yeux se refermèrent un peu, mais il ne sembla pas se braquer pour autant. Elle aimait aussi la musique ?
-Oui. Luc baissa les yeux. Il restait concentré sur la boulette de pain qu'il tenait dans les mains. On en jouait tous les deux. Elle adorait ça.
-Elle aussi voulait en faire son métier ?
-Non, je ne crois pas, je pense qu'elle s'était résignée à suivre la voie de toute la famille.
Un froid s'était abattu sur la table, Luc termina sa phrase alors que le silence régnait dans la pièce. Mr Berlmart décida qu'il était de son ressort de le briser.
-Gonzague, dit-il, auriez vous l'obligeance de nous conter quelques nouveaux poèmes ou une autres de vos géniales inventions ?
-Volontiers, Bernard. C'est un poème que je dédis à notre hôte. Ma chère Lucie, c'est pour vous, dit-il avec un grand geste du bras.
Le poète se leva de sa chaise, et pris une grande bouffé d'oxygène en penchant la tête en arrière, à la recherche de l'inspiration comme toujours. Après quelque secondes de silence, il reprit une pause plus appropriée à la déclamation. Tous les visages étaient tournés vers lui. Il jeta un regard à la ronde. Même le majordome et le robot s'étaient arrêtés, et attendaient, les yeux comme des billes. Alors que tout le monde retenait son souffle, il dit :
-J'en avait préparé un, mais je préfère vous en improviser un autre.
L'assemblée entière parue se ratatiner autour de Gonzague de Hautefrance. Le défi était immense, tout comme les yeux et les oreilles qui s'ouvraient à tous les bruits, pour ne pas perdre une miette de se qui allait se passer. Même Luc daigna tourner la tête vers l'artiste.

Longues obscurités,
Difficiles traversées,
Tant d'épreuves endurées,
Le temps mesure des durées,

L'étang de la nuit bouillonne,
La lune s'éprend et rayonne,
D'une fleure qui s'étend et bourgeonne,
L'amant d'une nuit abandonne...

Gonzague déclama le dernier vers dans une magnifique révérence et l'assemblée applaudit. Ernest, se souvient de ses cours de collège où il avait étudié les poètes maudits. Il en avait tiré une conclusion : moins un ver à de rapport avec celui qui le précède, plus la poésie est belle. Il en déduit que Gonzague devait être un sacré poète.
Profitant de la clameur, l'inspecteur se leva discretement et parti vers la cuisine. Il revient quelques secondes plus tard, l'air satisfait. Il se rassit à côté d'Ernest et lui glissa à l'oreille:
-Je sais comment le meurtrier est entré dans la chambre...
A ce moment là, les deux employés de maison arriverent les bras chargés d'un magnifique dessert.

Glace à la vanille et marron glacés

La glace fondait dans la bouche. Ernest pensa qu'il y avait sur terre des choses drôlement bonnes quand même. Il se demanda qui avait pu définir ce qui était bon et ce qui ne l'était pas. Il se demanda aussi, pourquoi cette glace blanche qui enrobait son palais d'un froid sucré était bonne ? Certainement parce qu'elle correspondait à ses besoins organiques, et qu'alors son cerveau, qui savait qu'il allait être rassasié, interprétait les signaux de ses nerfs au contact de la glace de façon positive. Mais alors, dans ce cas, pourquoi le patron aimait les courgettes farcies et pas lui ? Le cerveau du détective n'avait quand même pas besoin de plus de courgette que le sien ? Cette question turlupinait Ernest.
De même, pensa t-il, pourquoi quelque chose sent bon et autre chose mauvais ? Parce qu'il associait ce qui sentait bon à un souvenir particulièrement agréable ? Non, pensa Ernest, ce doit être plus biologique que ça, puisque contrairement au goût culinaire, les bonnes et les mauvaises odeurs sont partagées par la plupart des gens.
Celui qui avait créé le monde avait donc défini dans quelle mesure la rose sentirait un étrange parfum fruité et acide, avec tant de pourcentage de fruité, et tant de pourcentage d'acide ? Pourcentage que s'escrimait d'ailleurs a découvrir Van Buick. Ernest considéra que vue le nombre de paramètre à prendre en compte, d'après ce qu'était en train d'expliquer le chercheur pour essayer de se rapprocher du parfum d'une seule rose, il était impossible que quelqu'un ai fabriqué le monde entier de ses mains. Dans ce cas, qui a instauré la notion de « glace bonne » et celle de « courgette pas bonne » ? Il se mit à penser que cela revenait à définir ce qui était bien de ce qui était mal. Quelque chose de mal dans l'absolue peut devenir quelque chose de bien dans certaine circonstance : mentir à sa mère est très mal (n'oubliez pas de ne jamais baisser les yeux), mais lui mentir pour organiser une surprise pour la fête des mères, ça peut-être très gentil dans le fond. Mais, est-ce que le fond de la pensé gentille justifie pour autant le mensonge ? La fin justifie t-elle toujours les moyens ? Le mal était-il mal de temps en temps ou toujours ? Ernest ne s'en sortait pu de ces considérations. Il pensa qu'il n'aurait jamais la réponse et que de toute façon, peu importait. Le mal existait et il avait pris les traits d'un meurtrier et d'un poignard. Ils étaient là pour le combattre.
-Tu nous fait l'honneur de rester jusqu'à la fin du repas Luc, demanda monsieur Berlmart à l'adresse de son fils ?
-Ouais, soupira celui-ci.
-C'est bien, ca change.
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# Posté le samedi 03 février 2007 04:53

suite.. je sais plus combien !!

Chapitre 3 : Partie de Golf :


Le soleil filtrait à travers les rideaux, laissant ce créer des brins de lumière dans la chambre noire du détective. Celui-ci n'arrivait décidément pas à dormir. Il n'avait vu qu'une fois la chambre d'Adélaïde mais il se souvenait qu'elle était sensiblement semblable a celle qu'il occupait actuellement. Le moment lui parut donc approprié pour tenter une petite reconstitution.
Il se leva et se dirigea vers la porte qu'il verrouilla, puis il fit quelques pas vers la fenêtre pour écarter les rideaux qui l'obstruait. De là il pouvait contempler le parc, ainsi que la multitude de minuscules arcs-en-ciel qui se dessinaient, grâce à ce soleil matinal, dans les jets de l'arrosage automatique qui officiait alors. Il se sentait inspiré et d'humeur à trouver. Il ne savait évidement pas quoi mais il avait le pressentiment que ce serait primordiale. Il contemplait le jardin, et au fond de celui-ci, quelque chose lui paraissait étrange. Il n'arrivait pas à le définir et son cerveau cherchait vainement a construire un lien entre ce qu'il voyait et l'anomalie que son inconscient lui signalait. Le pont entre les deux éléments en était à sa phase final, l'inspecteur le sentait, bientôt quelque chose allez se révéler à lui. C'est à ce moment précis que la poignée de la porte s'abaissa violement, créant un claquement qui se propagea jusqu'à ses oreilles, et bousculant les ordres dans son cerveau, balayas la frêle armature neuronique en construction. C'était Ernest. L'inspecteur, qui avait définitivement perdu le fil de sa pensée parti lui ouvrir la porte.
-Inspecteur ! Commença t-il. Il s'arrêta devant la mine défaite de celui-ci. Ca va ?
-Oui, je ... j'ai cru voir quelque chose à la fenêtre, rien sans doute.
-Ah ! Très bien, fît Ernest un peu surpris du trouble que cela pouvait causer à son patron. Vous savez jouer au golf, demanda t-il l'air mystérieux ?
-Pas le moins du monde.
-Alors c'est le moment d'apprendre, lança t-il en même temps qu'un club qu'il tenait caché derrière son dos.
L'inspecteur n'eut que le temps de se protéger le visage pour l'éviter.

Le soleil était maintenant plus haut dans le ciel. Tellement haut que les ombres des joueurs ne se découpaient presque pas sur la pelouse du parc. Appeler joueurs ces hommes qui essayaient vainement de pousser une minuscule balle blanche au fond d'un trou perdu au milieu d'une immensité verdoyante était peut-être aller un peu vite en besogne. L'inspecteur avait beau se concentrer de toute ses forces, seule des mottes de terres partaient chatouiller les nuages à chacun de ses coups. Il avait beau envisager toutes les possibilités (ça faisait déjà cinq fers qu'il usait à cet exercice), le mystère présent devant ses yeux restait entier. Quand à Ernest, il avait préféré ne pas essayer.
-Je crains que le golf ne reste pour longtemps une énigme pour moi, finit par lâcher l'inspecteur au bout de quelques minutes de vains efforts.
-J'espère qu'il n'en ira pas de même pour notre affaire, répliqua Van Buick juste avant de frapper une balle qui s'envola très haut dans une courbe parfaite. Apres une petite course sur l'herbe, elle s'immobilisa à un mètre du drapeau annonçant le trou. Van Buick été resté tel une statue grec en position de fin de tir durant tout se temps. Il tourna la tête vers l'inspecteur et lui sourit.
-Non, bien sûr répliqua le détective. Il se concentra et frappa une balle qui fusa dans les airs et finit son voyage au fond du lac.
-Ce n'est rien, ce n'est pas la première, rassura Mr Berlmart. Chacun ses spécialités et ses possibilités n'est-ce pas ? L'important est d'être compétent dans ce que l'on c'est choisi, affirma t-il.
-Tout à fait, répondit Gonzague qui contemplait les feuilles de l'arbre centenaire qui trônait non loin de là.
Luc, qui assistait à la scène un peu en retrait, ne pu retenir un petit rire à cette sentence.
Mr Bermart appela d'un signe le majordome qui se trouvait à proximité, près de la voiture de golf. Il lui dit quelques mots à l'oreille.

La partie dura jusqu'à ce que l'ombre du château recouvre une grande partie du parc. Van Buick l'avait emporté haut la main. Le majordome était revenu de sa course avec une bouteille de vin, qu'il avait confié à Mr Berlmart mais celui-ci n'y avait pas touché. Il profita du retour au château pour demander à Henri Martin de le suivre.
L'inspecteur fût un peu intrigué par cette proposition mais ne posa pas de question. Mr Berlmart ne semblait pas d'humeur à en dire plus maintenant. Il se contenta de le suivre déambulant à travers le jardin la bouteille à la main, jusqu'à ce qu'ils débouchent devant une petite maison.
-Vous n'avez pas encore vu tout le monde, dit-il enfin. C'est la maison des anciens propriétaires d'une partie du terrain, avec qui nous sommes en très bon termes, ajouta t-il comme pour éviter un mal entendu.
Un vieil homme vint les accueillir sur le pas de la porte.
-C'est Jojo, annonça t-il, il a perdu sa femme il y quelques années. Ca fille vît avec lui ainsi que son petit fils.
-Alors Bernard ! Hurla littéralement le vieil homme, tu me présentes pas au gens de la ville ? Il éclata d'un rire sonore.
-Je suis venue réparer cette injustice, lui répondit Mr Berlmart le sourire aux lèvres. Jojo, je te présente l'inspecteur Henri Martin qui arrive tout droit de Paris.
-Bonjour inspecteur, dit l'ancêtre bruyamment, alors, elle vous plaît la vieille bicoque ?
L'inspecteur fronça les sourcils. Il n'aurait jamais parlé en ces termes de madame Berlmart, surtout devant son mari. Il tendit la tête vers son interlocuteur en signe d'incompréhension.
-Le château, il vous plait, répéta le vieil homme ?
-Ah ! Oui, il est très beau, répondit poliment Henri Martin, honteux pour lui-même d'avoir pu penser qu'il parlait de Lucie Berlmart. Bien que ternis par l'horrible affaire qui m'amene reprit-il, mais, c'est mon lot quotidien. A chaque fois que je me déplace quelque part, la mort ou le désastre m'y a précédé.
-Je pris tous les jours pour qu'on attrape l'enfant de salaud qui à fait ça et qu'il reçoive le sort qu'il mérite. Il tourna la tête vers Mr Berlmart que la conversation ne semblait pas mettre à l'aise. Regardez dans quel état se trouve mon Bernard ajouta t-il. Il hocha la tête, approuvant son propre constat. Ils restèrent un moment sans rien dire. C'est le vieux qui brisa le silence.
-Bon ! cria t-il soudain, on va la regarder longtemps cette bouteille ?
Il ce retourna et hurla :
-Pascaline !! Jeremy !! C'est l'heure de l'apéro ! Il poussa les deux hommes vers une table en plastique sur la terrasse devant la petite bâtisse. Mr Berlmart posa la bouteille sur la table et rentra à l'intérieur de la maison.
-Alors comme ça, le terrain était à vous avant, demanda Henri Martin ?
-Oui, affirma le vieux, on a eu besoin d'argent quand ma femme nous à quitté. Et puis on en faisait rien alors...
-C'est bien d'avoir une bonne relation comme ca avec son voisin.
-Vous parlez du vin ? demanda le vieux en penchant la tête, Bernard m'a acheté la maison en viager, alors il vient régulièrement s'inquiéter de ma santé ! répondit le vieil homme avec dans les yeux un pétillement de malice.
Cet remarque fît sourire l'inspecteur.
Mr Berlmart ressorti de la maison des verres à la main, immédiatement suivie par une très jolie femme, et un jeune homme. Sensiblement du même âge que Luc pensa Henri Martin.
-Voila, je vous présente ma fille, Pascaline et mon petit fils, Jeremy, dit le vieux.
Les deux intéressés sourires et saluèrent l'inspecteur d'un hochement de tête.
-L'inspecteur Henri Martin, qui vient de Paris pour résoudre l'enquête, ajouta t-il à leur intention.
-J'espère que vous trouverez plus de choses que ces incompétents de gendarmes qui sont venue l'autre jour, dit Pascaline en guise de présentation, figurez vous, elle se pencha vers l'inspecteur, qu'ils ont conclu au suicide !! Non mais vraiment, soupira t-elle, au suicide !
Cette hypothèse semblai réellement inconcevable pour tous les proches d'Adélaïde. C'est souvent le cas pensa l'inspecteur, on a du mal à voir la vérité en face, surtout quand elle concerne notre progéniture ou des êtres proches.
-Je dois dire madame, répondit celui-ci, que je ne peux pas totalement écarter cette possibilité.
Les quatre têtes autour de lui décrivirent un mouvement circulaire en sa direction et se durcir de façon prononcée.
-Mais, reprit-il, je pense en effet que la réponse est ailleurs.
Les quatre têtes sourirent de nouveau.
-Et toi, dit-il à l'intention de Jérémy, tu connaissais Adélaïde ?
-Ah ! Répondit à sa place le grand-père. S'il la connaissait !! Eux deux et Luc ont fait les quatre cent coups ensemble !
Jérémy approuva de la tête pendant que son aïeul ouvrait la bouteille et servait ses invités. L'inspecteur scruta attentivement le visage de Jeremy. Pas vraiment inexpressif, mais plutôt inerte, comme si quelque chose d'autrefois vivant c'était figé sur celui-ci. Malgré les faux semblants de partie de Golf et d'apéritifs joviales, la mort tragique d'un membre de cette communauté avait laissé des traces qui mettraient sans doute longtemps à s'effacer. Le bruit du vin qui coulait dans son verre tira l'inspecteur de ses considérations. Son enquête piétinait, il essayait de rentrer dans l'intimité de cette famille, d'en comprendre tous les ressorts, mais il se sentait comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. De porcelaine déjà fêlée qui plus est. Comme au golf, il n'arrivait pas à trouver l'angle pour attaquer cet épineux problème. Il décida, au lieu de perdre du temps à essayer de soutirer des renseignements au hasard des discussions, de passer à l'action :
Il prit son verre et trinqua avec les autres.

# Posté le samedi 07 avril 2007 14:00