Bonjour !!

Bonjour !!

Je suis actuellement en train d'ecrire un roman policier. C'est un processus très long et fastidieux et je me demande si mes efforts porteront un jour leurs fruits, et c'est pour cela que je vous propose en avant première de toute publication d'en lire le début.
Si il vous plait, j'enrichirais le blog de pages supplementaires, afin que vous puissiez suivre ma progresion, et pourquoi pas, que je suive vos suggestion !

Bonne lecture !!

# Posté le samedi 30 décembre 2006 11:49

Modifié le vendredi 05 janvier 2007 11:47

Debut...

L'AFFAIRE ADELAÏDE BERLMART :


Chapitre 1 : Voyage en Train


Les fleurs. La famille Artimond a bâti toute son immense fortune sur les fleurs. Depuis trois générations, depuis Aristide Artimond fondateur de la toute première boutique de fleuriste Artimond, au lendemain de la première guerre mondiale (où l'aïeul a combattu durant plusieurs années). Un moment clé du développement des fleuristes la première guerre mondiale, les tombes fleurissant autant que les bombes... Depuis ce lundi de février 1918 donc, où Aristide fît l'acquisition d'un magasin dans la rue centrale du petit village de St Beaumont ainsi que d'un terrain sur les hauteurs environnantes afin de bâtir les serres nécessaires à la culture qu'il entreprenait, le destin semblait accompagner l'entreprise Artimond dans son incroyable réussite commerciale. Depuis trois générations, où l'aîné de chaque fratries successives avait repris l'affaire familiale lui donnant une ampleur grandissante à mesure que les années passaient, le destin c'était occupé de tout, comme en 1972 quand la société Artimond fût menacé de rachat par le groupe Berlmart, où il intervint en leur faveur, en permettant à Lucie Artimond et Bernard Berlmart sans doute poussés par des sentiments amoureux incommensurables, de ce marier faisant ainsi des deux entreprises une seule, maintenant connue sous l'appellation « Berlmond Fleurs ». Le destin offrait un crédit sans fond aux Artimonds. Hélas pour eux, il semblerait que ce chenapan ait soudainement souhaité recouvrer son dû. Adélaïde Berlmart, seule et unique fille (entourée de deux garçons) de Lucie et Bernard Berlmart avait été retrouvée assassinée dans sa chambre.

Tout cela, Ernest le savait très bien. C'est lui qui avait rédigé le dossier qui contenait toutes ces informations. Il courait maintenant sur le quai de la gare, au milieu des voyageurs (pressés comme tout voyageurs qui ce respecte). Il devait l'apporter a son patron, le grand détective privé Henri Martin, l'un des tout meilleur en France, avant que celui-ci ne s'engage dans le wagon qui devait le conduire au château de Badinfort, demeure traditionnelle de la famille Arimond, maintenant demeure du couple Berlmart et de leurs enfants. Henri Martin avait était appelé par monsieur Berlmart en personne le lendemain du recouvrement du crédit accordé par le destin. Monsieur Berlmart ne faisait pas confiance dans la police pour éclaircir cette sombre histoire et préférait confier cette tâche difficile à un détective privé qui selon lui serait mieux a même de conduire cette entreprise puisque motivé par son salaire, au contraire de ces fonctionnaires incompétents. Monsieur Berlmart était un libéral confirmé, et le patron ne mélangeait jamais politique et travail. Ernest arriva à sa hauteur, complètement essoufflé :
-Tenez patron, le dossier de la petite Berlmart. Henri Martin prit le dossier et le considéra d'un ½il distrait. De toute façon pensa-t-il les gens parlent bien assez d'eux même, surtout quand ils ont perdu un proche. Il imaginait déjà les gémissements insupportables de madame Berlmart qui le supplierait de retrouver l'assassin de sa fille.
-Patron, reprit Ernest le souffle court, à l'intérieur, j'ai mis l'arbre généalogique de la famille, mais vous verrez, c'est compliqué, débita-t-il entre deux respirations
-Vous m'expliquerez ça pendant le voyage, répondit l'inspecteur, en joignant le geste a la parole. Il poussa Ernest à l'intérieur du train.
-Mais je ne peux pas venir s'inquiéta Ernest, surpris.
-Quand on veut, on peut, répondit autoritairement Martin, j'ais besoins de vous.
-De moi ? Ernest crû une seconde que c'était la plus belle chose qu'on ne lui avait jamais dite. L'inspecteur avait besoins de lui ! Malheureusement pour lui, la seconde suivante fût marquée par la réponse de l'inspecteur :
-Oui Ernest, de vous, pour porter mes bagages entre autre... et ça commence maintenant lui précisa-t-il en lui tendant une première valise.
Ernest précéda l'inspecteur dans le couloir du train. Ce même train, ou tu du moins cette même ligne, où, trente ans plus tôt Mr Berlmart avait fait une étrange rencontre. Mais cela, évidemment aucun des deux acolytes ne pouvaient ce l'imaginer. Une fois installés dans un compartiment (non sans peine, l'embonpoint de l'inspecteur ne rendant pas la circulation dans le couloir rempli de passagers très aisée... Ernest ce serait bien gardé de tout commentaire) et après avoir installé leurs bagages dans les petites étagères pas très pratiques situées juste au-dessus de leur tête, les deux hommes s'étaient assis. C'est Ernest qui brisa le silence que ponctuait seulement la respiration du diesel du train, qui avait quitté la gare depuis quelques minutes déjà :
-Sombre histoire quand même, hein ? Ernest n'aimait pas trop les meurtres tortueux comme celui-ci. Une jeune fille calme et sans histoire retrouvée dans sa propre chambre fermée à double tour lacérée de coups de couteau, pour son esprit faible mais cartésien, c'était trop. Il aurait préféré une bonne petite filature d'un mari volage, ou, à la rigueur, un vol de bijoux chez une grand-mère. C'est rapide (on retrouve les bijoux sous le canapé), pas dangereux (les maris volages, c'est rarement armé, au contraire des meurtriers), et le plus souvent c'est calme. Cette affaire elle, semblait ce trouver a l'exact opposé de ce genre d'histoire.
-En effet, répondit l'inspecteur, blasé et assez dubitatif. Pour lui, la plupart des évènements en apparence complexes sont en réalité d'une réelle simplicité si l'on sait adopter leur propre logique. Tout n'est donc qu'affaire de point de vue pour l'inspecteur privé Henri Martin. L'un des plus brillant en France. La conversation s'arrêta là. Manifestement l'inspecteur ne jugeait pas utile de la poursuivre, et Ernest ne voyait pas ce qui en ce moment aurait pu l'intéresser au point qu'il lui accorde ne serait-ce qu'un semblant d'attention. L'inspecteur faisait parti de ce genre de personnes un peu tortues : une fois quelles sont renfermées dans leur carapace, il est très difficile de trouver une faille pour les en sortir. Il préféra donc se laisser aller à la contemplation béate du paysage. Peut-être qu'il y trouvera un attrait suffisant pour passer le temps, après tout. C'est très intéressant de remarquer comment les gouttes de pluies sur une vitre de train forment des sortes d'échelles de pompier. Ernest en choisie une au hasard, qui partait du coin en bas a droite de la glace et la suivie du regard jusqu'à qu'elle atteigne l'objectif qu'il lui avait fixé, c'est a dire l'autocollant « tirez fort » juste en dessous de la poigné de la fenêtre. Il ne pu s'empêcher d'être assez fier de lui quand il remarqua que ses gouttes étaient arrivées à destination bien plus rapidement que les autres. Dommage qu'il n'ait pas parié sur elles, il y aurai gagné certainement beaucoup. Soudain, l'inspecteur pris la parole :
-Ernest, demanda-t-il, en ce moment, c'est la saison de quoi ?
-Bin, c'est le printemps, répondit Ernest surpris.
-Je sais que c'est le printemps bougre d'âne, je vous demande c'est la saison de quel type de fleur en ce moment ??
-Heu... jonquille je pense... quand j'étais petit on allait toujours cueillir les jonquilles au début du printemps. C'était chiant, je me souviens, c'était toujours boueux et humide dans les bois. Vous avez déjà était ramasser les jonquilles avec l'école vous ?
-Peut-être... Je ne sais pas... Quelle importance, ce demanda l'inspecteur ? Il s'en foutait comme de sa première enquête : en sixième, quand le magnéto du collège avait été volé, c'est lui qui avait retrouvé le coupable. En fait il ne s'en foutait pas du tout de cette enquête qui a l'époque, l'avait passionnée, mais c'était une expression à lui, ça impressionnait trouvait-il. Toujours est-il que ça le turlupinait de ne pas savoir si oui ou non il avait cueilli des jonquilles avec l'école étant petit. Comment font les gens pour ce souvenir de trucs pareil, alors qu'il a déjà du mal a savoir si le matin quand il prend sa douche, il a pensé a faire chauffer son café cinq minute avant ou non ? Enfin la question n'est pas la, finit-il par dire déstabilisé, c'est juste que comme on va chez un fleuriste...
-C'est pas vraiment un fleuriste corrigea Ernest, c'est plus un industriel ou quelque chose dans le genre, un homme d'affaire, un entrepreneur quoi...

# Posté le samedi 30 décembre 2006 13:52

Suite 1

Elle s'appelait Marguerite. Cela faisait maintenant cinq ans qu'elle habitait là, à côté de la voie ferrée. Cinq ans que le bruit assourdissant des trains qui freinaient pour rentrer dans la gare toute proche de Badinfort (petite commune surtout connue pour son château, demeure ancestrale de la famille Artimond, des entrepreneurs de la fleur) la dérangeait pendant qu'elle mangeait, qu'elle dormait, ou pire pendant qu'elle ne faisait rien, debout au milieu de nul part en train de ruminer ses pensés. Marguerite trouvait ça particulièrement énervant, d'autant plus qu'elle ne prenait jamais le train et qu'elle ni trouvait aucune utilité apparente. Il faut préciser que Marguerite ne ruminait pas que ses pensés, puisque Marguerite était une vache. Une brave vache qui regardait passer les trains toute la journée et qui déprimait de ne pas pouvoir vivre tranquille.
Un coup a faire tourner son lait aurait certainement dit l'inspecteur Henri Martin, si celui-ci avait pris le temps de la regarder à travers la vitre du train justement. Mais, il était actuellement préoccupé par la difficile descente de ses bagages de leur rangement. Tellement préoccupé qu'il n'avait pas vu venir son petit sac, (qui trouva certainement que le moment était propice pour ce payer une virée en toboggan) posé sur le gros, qui ce servi de la tête de notre inspecteur comme piste d'atterrissage. Pourtant, on l'avait prévenu : juste au-dessous des filets, un panneau précisait qu'il était souhaitable d'attendre l'arrêt complet du train avant de manipuler ses bagages. C'est Ernest qui lui fît cette remarque, ce qui déplût assez fortement à Henri Martin. Il ferait mieux de s'occuper de ses affaires celui-là pensa-t-il. Enfin, il en était quitte pour une grosse bosse et des cheveux déplacés. Ce n'était pas très grave pensa-t-il, après tout, ils allaient chez un fleuriste. Ca lui rappela quelques mauvais souvenirs dont un qui comprenaient les mots « premier ministre, bijoux disparus » et, « vol plané dans une piscine ». Ici, l'incident était tout de même moins grave.
S'il y avait eu plus de désert, et moins de prés à l'herbe bien grasse qui faisaient le bonheur des troupeaux de bovins, on aurait pu croire la petite gare de Badinfort toute droite sortie d'un western avec son toit en bois, soutenu par de minces piliers de part et d'autre du quai. Cette porte d'entrée sur la petite bourgade annonçait la couleur : délabré et vétuste, le hall était constitué d'une simple pièce, trop haute de plafond et au carrelage usé, voire absent par endroit. Les guichets sur la droite étaient au deux tiers fermés, le seul et vaillant fonctionnaire qui tenait encore le quart était un vieil homme, qui regardait les voyageurs d'un ½il distrait. On le sentait triste et fatigué d'être à l'écart de la foule perdu en pleine mer, derrière sa ligne jaune de politesse et son parloir qui rendait sa voix affreusement nasillarde. Ernest avait envi d'aller lui demander un renseignement juste pour lui prouver qu'il était encore utile, gardien d'un phare endormi les pieds sur terre. Il se dirigea donc plein de bonne volonté vers ce marin désabusé. La traversée de la pièce ne fût pas longue et il accosta au guichet avec encore la ferme envi de sauver un noyé :
-« Bonjour monsieur, lança t-il en guise d'appât, comment peut-on faire pour rejoindre le château à pied s'il vous plaît ?
-C'est un bureau de réservation ici, pas un office de tourisme répondit fermement le vieil homme. »
Ernest senti couler à pique sa bonne conscience. A présent, tous les Robinson Crusoë, du chemin de fer où d'ailleurs, pouvaient bien mourir, il n'irait plus jouer les Vendredi. Il se jura qu'on ne l'y reprendrait plus.
L'inspecteur quand à lui observait la scène d'un oeil amusé.
-Laissez Ernest, nous allons prendre un taxi, lança-t il.
Ernest fût surpris de la décision de l'inspecteur, lui d'habitude si pingre... Quand il arriva à sa hauteur, l'inspecteur lui tendit une carte postale :
-Regardez, ça rapporte d'être fleuriste...
Ernest considéra la carte postale, elle représentait un château renaissance avec des jardins à la française, immenses et carrés, rempli de fleurs. Dans le coin en bas à droite, dans une écriture faussement déliée, trônai l'inscription « Château de Badinfort ».
-En effet, mais, Ernest hésitait à faire cette remarque, je crois que ces gens sont plus de riches industriels que des fleuristes... On avait l'impression qu'il parlait sur des ½ufs.
-Oui, j'ai remarqué, trancha l'inspecteur, c'est pourquoi nous allons prendre un taxi, nous n'allons pas arriver chez ces gens à pied tout de même !
Ernest avait maintenant la réponse à son interrogation. Mais il n'eu pas le temps de méditer plus longtemps sur la radinerie de son patron, puisque celui-ci était déjà sur le parking de la gare en train de parler à un chauffeur de taxi. Il lui avait laissé tous les bagages.
-Ernest, dépêchez-vous voyons, nous sommes en retard, cria Henri Martin, déjà installé à l'avant du véhicule.
Le pauvre homme transporta donc le plus rapidement possible les deux malles qui les accompagnaient et s'installa à l'arrière. A peine avait-il finit de fermer sa portière que le chauffeur démarrait, sous les injonctions de l'inspecteur.
Au bout de quelques rues, ils sortirent de Badinfort pour pénétrer dans une pseudo zone industrielle, constituée de grand bâtiments, et de serres, arborant en grand les couleurs de la société « Berlmond Fleurs ». Le chauffeur, contrairement à l'employé de la gare, ce senti l'âme d'un guide touristique :
-Tous les bâtiment que vous apercevez autour de nous font partie de la fabrique de fleurs des gens chez qui vous vous rendez... mais, peut-être le savez vous déjà, vous êtes de la famille ?
-Oui, répondit l'inspecteur qui coupa net Ernest, cela fait bien longtemps que nous ne somme pas revu, et j'aurais bien entendu préféré le faire dans d'autres circonstances.
-Oui, je comprend, certifia le conducteur du taxi qui longeait maintenant un complexe d'une modernité criante au milieu des autres bâtisses.
Après quelques virages, le taxi quitta complètement l'espace urbain et suivi une petite route de campagne qui les mena au fameux château des Berlmart.

# Posté le dimanche 31 décembre 2006 08:53

Suite 2

Ernest et l'inspecteur contemplèrent un instant l'immense maison qui ce dressait devant leurs yeux. Au travers de la grande grille d'entrée, on voyait une allée majestueuse se prolonger en ligne droite jusqu'au perron du château qui s'étendait sur deux ailes immenses et lourdes qui semblaient écraser toute forme de vie aux alentours. A moins que ce ne soit la raison de sa venue qui face penser ce genre de sombres choses à l'inspecteur.
Il sorti de sa rêverie au bout de quelques temps et ce dirigea vers l'interphone situé contre un des piliers du haut portail. Il sonna. Aussitôt après, une voix se fit entendre :
-Bonjour, à qui ais-je l'honneur ?
-Je suis l'inspecteur Henri Martin, on m'a appelé au sujet de l'affaire...
-Ne bougeait pas j'arrive.
A peine l'inspecteur eut-il entendu le clic de raccrochement qu'un autre bruit se fit entendre : un bruit de moteur. Une voiture de golf arriva à la hauteur de la grille qui s'ouvrit lentement et en silence. Le pilote en descendit :
-Bonjour monsieur...
L'homme s'interrompit en voyant Ernest, la mine interrogative.
-Ah, voici mon associé, Ernest, dit l'inspecteur.
-Bien sûr, répondit l'homme, on ne m'avez pas prévenu que vous seriez deux, veuillez excuser mon étonnement. Il inclina la tête.
-Ce n'est rien, ce n'est rien...
-Dans ce cas messieurs, si vous voulez bien prendre place, dit-il en désignant la voiturette, Mr Berlmart vous attend au château.
Ils s'installèrent donc tous deux, et le majordome leur précisa que leurs affaires leur seraient conduites ultérieurement. On était loin d'être chez un fleuriste, ce qui ravi intérieurement Ernest pour deux raisons : il avait eu raison face à l'inspecteur, et il n'était pas obliger de porter les bagages bien au contraire, c'était maintenant lui que l'on traitait avec déférence. Comme quoi, pensa-t-il, la puissance ne tient pas à grand-chose.
Ils arrivèrent devant l'entrée du château et le chauffeur gara leur véhicule. Il pris les devants et guida les deux enquêteurs vers l'intérieur. La porte d'entrée ouvrait sur un hall magnifique où trônaient deux escaliers qui conduisaient à une balustrade qui faisait le tour de la pièce et qui desservait tout l'édifice. Les deux nouveaux venus ne purent s'empêcher de contempler le chef d'½uvre d'architecture qui s'offrait à leurs yeux, le nez au plafond, avec un air béat. Le majordome les laissa profiter du spectacle quelques secondes, puis, les coupa discrètement :
-Hem... Mr Berlmart vous attend en haut, dans la chambre d'Adélaïde, le lieux du... il hésita, le lieux du drame. Si vous voulez bien me suivre.
Il joignit le geste à la parole en désignant un des deux mastodontes de marbre et de fer qui allait leur servir d'escalier.
-Tous les tableaux que pouvez voir ici sont des originaux achetés par Mr Berlmart, un passionné d'art. Nous recevons d'ailleurs souvent dans nos murs des artistes. C'étaient aussi une des plus fervente passion de notre regrettée Adélaïde dit-il en désignant les toiles de peintures qui parcouraient les murs.
Le majordome ce donnait des airs de guide lui aussi, avec ses grands gestes qui passaient d'une ½uvre à l'autres, toutes magnifiques et certainement coûteuses. Ernest les contemplais, mi fasciné mi intrigué. Il se demandait à quoi cela pouvait bien servir, même s'il se doutait que justement toutes ses toiles ne servaient à rien. Il avait surtout du mal à comprendre comment ce tableau qui représentait une chaise avec un chapeau dessus avait pu germer dans la tête de son artiste de créateur. Il n'y aurait jamais pensé Ernest, à peindre une chaise avec un chapeau dessus, mais il fallait avouer que le résultat était moins ridicule que l'idée, le tableau avait même une sorte de côté hypnotisant. Les artistes pensa-t-il...
Ils traversèrent encore quelques couloirs, avant d'arriver à la chambre d'Adélaïde Berlmart. Elle était grande, mais sans beaucoup de mobilier, mis à part un lit qui régnait sur la pièce, une armoire et une table de chevet. En spécialiste, l'inspecteur remarqua qu'il n'existait qu'une seule fenêtre et qu'une seule porte. Le lit était refait, la chambre respirait la tranquillité, l'apaisement, le repos. Elle le respirait tellement que Mr Berlmart était assis dans un fauteuil, presque assoupi. Il sursautât à l'arriver des trois hommes.
-Ah ! Bonjour messieurs, et bienvenue dans mon humble demeure. Vous avez fait bon voyage ? demanda l'homme sur un ton enjoué tout en se levant.
-Très bon, je vous remercies, répondit l'inspecteur, c'est donc ici que le... drame, s'est produit ?
-Ici oui, Mr Berlmart changea nettement de ton : on l'a retrouvée... Il avait de plus en plus de mal à parler, ...poignardée, ici, par terre, sous vos pieds.
L'inspecteur regarda ses pieds puis acquiesça d'un hochement de la tête.
-Vous l'avez découverte quand ?
Mr Berlmart s'était rassis, visiblement, le fait d'évoquer la mort de sa fille le traumatisait encore. Il pris son temps avant de répondre :
-Le matin. D'après le médecin, c'est arrivé dans la nuit. Plutôt en début de nuit, vers minuit je crois...
-Mademoiselle n'avait jamais laissé entendre qu'elle aurait pu penser au suicide ?
Le majordome réagit a cette question, il semblait choqué, tout comme Mr Berlmart qui s'emporta un peu :
-Non monsieur ! Ma fille était très heureuse, et il s'agit là d'un meurtre et rien d'autre ! C'est un acte de la pire des barbaries !
L'énervement le fit ce dresser comme un i. Il se calma.
-Tuer une enfant comme elle, la fraîcheur même !
Il se rassis dans son fauteuil, et s'effondra pour de bon. Il dit, des sanglots dans la voix :
-La police a posé la même question, mais moi je sais qu'elle ne s'est pas suicidée ! Retrouvez l'assassin Monsieur Martin, retrouvez le ! Je vous en pris !
L'inspecteur s'approcha de lui, et dans un élan de paternalisme qui sonnait faux dans sa bouche lui dit :
-Ne vous en faite pas Mr Berlmart, nous le retrouverons.
A cet instant, l'inspecteur se rendit compte du côté pathéto-niais de la scène. La meilleure façon d'en conjurer le prolongement lui sembla de ce mettre à l'action. Il se retourna, et lança :
-Ernest, notez s'il vous plaît !
Ernest se précipita pour sortir son calpin et son stylo et se tient près.
-Adélaïde a était tuée vers minuit. La chambre était fermée à double tour. Il jetait des regards fréquents au majordome et à Mr Berlmart pour qu'ils confirment ses dires. La seule issue possible est donc la fenêtre si on exclu une présence préalable. Il fit une pause. La victime a était frappée de plusieurs coups de couteaux. A-t-on des empreintes dessus, demanda t-il ?
-Non, répondit le majordome, la police a appelée toute à l'heure. Les seules empreintes sont celles de mademoiselle.
-Bien, dit l'inspecteur en essayant de rassembler ses pensés. Le meurtrier est donc rentré et l'a tuée sans laisser de trace. Et le plus fort : il a réussi à repartir...
-A moins que le meurtrier ne soit pas dans la pièce, questionna Ernest ?
-Il faut bien, comment aurait-il tué sinon ?
-Techniquement ce n'est pas lui qui a tué, mais le couteau.
-Oui, mais le vecteur mortel reste un bras, qui était animé par les sécrétions d'un cerveau, lui-même possession d'un être humain qui...
L'inspecteur fût coupé dans sa démonstration par des bruits de pas dans le couloir. Les trois hommes tournèrent la tête, pour voir apparaître dans l'encadrement de la porte, une femme : Madame Berlmart, immédiatement suivi d'un autre homme.
-Messieurs, commença Mr Berlmart, laissait moi vous présenter ma femme, Lucie, ainsi que notre hôte, Mr Gonzague de Hautefrance, ami, et... poète ! Il repris en s'adressant cette fois à sa femme. « Ces messieurs sont les deux inspecteurs dont je vous ai parlé. »
Henri Martin se précipita :
-Mes hommages madame.
Madame Berlamrt sourit :
-On m'a dit le plus grand bien de vous, et en haut lieu. Nous comptons tous sur vous.
-N'ayez crainte madame, le meurtrier sera retrouvé et châtié.
-Une si tendre enfant, commença le poète, que cette nouvelle macabre m'accable.
L'inspecteur lui sera aussi la main.
-Comment êtes vous venu, monsieur l'inspecteur ? Vous habitez Paris je crois non ? Ville lumière s'il en est...
-Oui. Et nous sommes venu en train.
-Ah ! Le train... Gonzague de Hautefrance inclina légèrement sa tête, à la recherche de l'inspiration sans doute, puis repris : comme une ligne d'amour dans la main colline, puis en saisissant la main de Lucie Berlmart, comme une ligne d'amour dans votre main câline... Il finit sa tirade par un baisemain.
-Oh, Gonzague, fit alors madame Berlmart, rougeoyant sous le feu d'une telle verve, vous êtes... vous êtes... Elle porta sa main au c½ur, terrible ! Elle se laissa retomber, complètement fascinée.
-Je sais madame...
-Bon, coupa monsieur Berlmart en tapant dans ses mains ce qui fit sursauter tout le monde, voila ce que je proposes : nos deux nouveaux invités vont aller découvrir leurs chambre, et on se donne rendez-vous pour le dîner ? Ce sera une excellente occasion de faire connaissance et de présenter le reste de la famille à ces messieurs. Comme cela Gonzage, vous pourrez aller vous remettre à l'écriture de l'ouvrage pour lequel vous êtes ici et me rendre ma femme ! »
Il écarta les bras en croix et poussa tout le monde vers la sortie.

# Posté le lundi 01 janvier 2007 14:32

Suite 3

Chapitre 2 : Repas de Famille

Le majordome conduisit les deux inspecteurs (puisque c'est ainsi qu'on les appellent maintenant) à leurs chambres. Elles se faisaient face et étaient semblables dans leur taille et leur ameublement. Ernest et Henri Martin posèrent leurs valises et le premier rejoins le second dans sa chambre, afin de faire le point sur se qu'ils venaient de voir.
-« Alors, commença Henri martin, qu'en avez-vous pensé de cette famille ?
-Je les trouve très... Ernest chercha quelques temps le mot les qualifiants le mieux... riche ? J'ai peur de ne pas toujours tout comprendre...
-En effet, ce sont de sacrés numéros ...
L'inspecteur se débattait avec sa valise. Décidément, aujourd'hui, elles semblaient s'être liguées contre lui. Enfin, il put l'ouvrir et commenca à ranger ces affaires.
-« J'attend le reste de la famille avec impatience reprit–il entre deux aller retour valise-armoire armoire-valise.
-Oui, moi aussi... je pensai, au sujet du meurtre, ça me parait claire que le tueur est passé par la fenêtre non ?
-Peut-être, répondit l'inspecteur en train de repasser un de ses pantalons d'un revers de la main. »
On a beau tout faire en faisant ses valises, c'est dur de garder ses vêtements présentables. L'inspecteur n'aimait vraiment pas ce meurtre. Si l'assassin avait pu rentrer dans la chambre, c'est qu'il était une connaissance proche de la jeune Adélaïde, par conséquent, aucun des membres de la famille ne pouvait être exclus. Les perspectives d'un dénouement qui mettrait en lumière un meurtre familial le répugnaient. Afin de ce changer les idées, il s'approcha de la fenêtre. Elles donnait sur un parc très beau : herbe très verte, eau très bleue, arbres très grands et le tout très paysagé. Peut-être trop pensa-t-il. Il admirait aussi la composition florale qui ce trouvait devant lui. Un amoncellement de couleurs. Quoi de plus normal chez des fleuristes ? Il se pencha en avant pour profiter au maximum de son odeur, mais à son grand étonnement il ne senti rien. Peut-être avait-il le nez bouché ? Il se retourna et reparti à sa valise.
A peine une heure plus tard, sa porte s'ouvrit pour laisser apparaître Monsieur Berlmart. Celui-ci était grand et bien habillé, mais sa tête semblait totalement à l'opposé de son corps. Il paraissait un peu préoccupé. L'inspecteur quand à lui, était allongé sur son lit en lisait un journal en diagonale tout en ressassant ce qu'il savait déjà. A l'arriver de Mr Berlmart, son instinct de détective lui dit qu'il allait certainement apprendre quelque chose de primordiale dans peu de temps, et c'est donc avec une certaine impatience qu'il attendit que son visiteur ce mette à parler :
-Ah, vous voila Mr l'inspecteur, commença Mr Berlmart,
-Vous pouvez m'appeler Henri, (c'était une technique qu'il avait apprise pour inciter les gens à lui confier leurs secrets) que puis-je pour vous ?
-Dans ce cas, appelez moi donc Bernard, c'est plus... pratique. Il marqua un temps d'arrêt, son visage se tordit dans tous les sens. Il cherchait les mots justes. Si vous voulez, avant le repas on pourrait... visiter le château non ? Ce serait une bonne occasion de parler. En plus de son visage, il se tordait aussi les mains, en attendant la réponse de l'inspecteur.
-Heu... oui, pourquoi pas, répondit l'inspecteur. Il fut étonné de cette proposition et ne comprenait pas bien pourquoi Bernard semblai si gêné de lui demandait ça. Certainement, lui dit son flair, que Mr Berlmart trouvait plus commode de parler en marchant, surtout de choses pénibles. C'est effectivement très pratique de parler en marchant, ça permet l'air de rien de détourner le regard, soi vers le sol, mais c'est assez déconseillé, surtout si l'on ment, soi de regarder autour. On évite ainsi de croiser le regard inquisiteur de son interlocuteur. Marcher, surtout quand c'est fait en extérieur, offre toujours une porte de sortie quand la discussion devient embarrassante : on trouve très facilement à proximité un sujet de diversion tel que les oiseaux, les fleurs, le temps... Bref, rien ne vaut une bonne marche quand on a des choses à dire, et ça, Henri Martin le savait très bien, et c'est dans cette optique qu'il s'empressa de passer son manteau et d'accompagner son hôte pour une balade pré-dinatoire. Il se dépêcha car les gens qui ont des choses à dire peuvent à tous moments et pour des raisons inexpliquées changer d'avis et rester muet comme des tombes. Il s'agit donc de ne pas laisser s'envoler les bonnes résolutions.
Après avoir traversé quelques galeries de peintures en guise de couloirs, ils débouchèrent au détour d'un cadre sur un autre tableau, le parc. La lumière du soir le berçait d'une douce pastelle qui faisait ressortir les arbres dessinés au fusain. L'artiste avait pensé à tout, y compris à dessiner un étang cerclé d'un chemin, idéal pour une petite discussion. De là, on voyait l'immense château dans son ensemble, toujours aussi écrasant. L'inspecteur commença la conversation, comme on dessine un brouillon :
-C'est une très belle demeure que vous avez là, lança t-il
-Oui, répondit Bernard, un point désabusé, en réalité elle appartient à la famille de ma femme, les Artimonds. D'ailleurs, tout l'étage que vous voyez, là en haut sur l'aile de droite et occupé par son père et sa servante. Nous ne les voyons jamais, nous nous sommes brouillé.
-Quelle en est la raison ?
L'inspecteur vit que Mr Berlmart tiquait à cette question. Il prit alors des gants pour le forcer à en dire un peu plus. Les sentiments, ça marche toujours:
-« Vous comprenez, j'ais besoins de connaître le maximum de chose, si je veux pouvoir tirer notre affaire au claire ». Il laissa passer un petit temps. « Pour votre fille ».
-Mais ça ne me dérange pas du tout, répondit Bernard, un peu gêné que l'on puisse penser qu'il ne mettrait pas tout en ½uvre pour retrouver l'assassin de sa fille. Il n'y a rien à cacher, nous nous sommes brouillé pour une question de point de vue concernant la gestion de l'entreprise, c'est tout. C'est moi qui en ai les rênes depuis maintenant trente ans, mais j'ai toujours consulté mon beau-père sur la plupart des affaires, un peu par respect, vous voyez ? C'est lui qui a fondé cette société, et je sais qu'il ne m'a jamais trop apprécié. Mon mariage avec Lucie l'a tiré d'un sacré pétrin donc il ne m'a jamais rien dit, mais je sais ce qu'il pense. Alors, jusqu'à il y a trois ans, nous faisions semblant de nous apprécier. Chacun faisait un effort, et tout allait bien, vous voyez ? Je lui soumettais toutes les décisions importantes, et lui, il disait toujours oui. Mais, voyez vous, il y a quatre ans l'entreprise a connu, comment dire... une passe difficile, vous voyez ? La concurrence est rude, et notre principal marché -les fleurs d'ornement pour les cimetières- a connu une perte de vitesse due au succès des fleurs en matière plastique. Vous voyez, les gens préfèrent : moins d'entretiens, moins de contraintes, et le tout sans avoir mauvaise conscience. Parce que bon, les gens, ils aiment bien aller au cimetière, mais tous les dimanches c'est difficile, et avec des fleurs classiques, on est bien obligé parce que sinon elles fanent et là, c'est pire que tout, les gens médisent, on a l'impression d'abandonner nos morts... C'est une catastrophe ! Les fleurs en plastiques représentent une réelle alternative pour notre cible, la preuve, c'est un de nos produits phares. Le lancement représentait un lourd investissement, mais nous avions les fonds suffisant, ce n'est pas de là qu'est venu le problème. D'ailleurs, je n'ai jamais vraiment compris d'où venait le problème. Toujours est-il que pour la première fois depuis vingt-six ans, Monsieur Artimonds c'est opposé à ce projet. J'ai insisté, et nous nous sommes disputé. Il n'a jamais cédé. Et dieu sait si je lui expliqué en long et en large tous les bénéfice que l'on pouvait tirer de cet investissement, Mr Artimond n'en a fait qu'a sa tête. Une marque familiale ça. J'ai l'ai donc fait sans son autorisation, et depuis, il vit complètement coupé du reste de la famille.
-De toute la famille, questionna l'inspecteur qui comprenait maintenant pourquoi les fleurs de sa chambre ne sentaient pas spécialement bon ?
-Non, Adélaïde le voyait encore de temps en temps. Elle était elle aussi opposée à ce projet, mais pas au point de s'expatrier comme lui. Nous nous parlions tous les jours, même si des fois, il y a eu des tensions. Il baissa les yeux vers le sol. Mauvaise idée, même si on ne dit pas toute la vérité, il ne faut pas baisser les yeux. L'inspecteur Martin remarqua tout de suite ce petit geste si révélateur. Mais c'est le lot quotidien de toutes les familles j'imagine, repris Bernard, en regardant maintenant l'inspecteur droit dans les yeux.
-Certainement oui, confirma Henri Martin.
A ce moment là, un bruit de gravillons mêlé à celui d'un moteur de grosse berline se fit entendre.

# Posté le jeudi 04 janvier 2007 10:10